Histoire de transfo

Sur la carte variateur d’un malaxeur de labo en panne, je trouve un petit transformateur d’alimentation dont le primaire est coupé.
Les deux secondaires vont vers un module céramique sur lequel il est impossible de déceler les composants d’une alimentation, diodes, pont redresseur etc.
Seuls quelques condensateurs électrochimiques sont externes.

Impossible de trouver le schéma ou la doc fabricant du variateur (LENZE 530)

Je dessoude le transfo pour essayer d’en savoir plus…
Les deux secondaures sont intacts et je décide d’envoyer une tension alternative de 1V sur un des secondaires, sur l’autre je mesure 0,75V.
J’inverse en envoyant la même tension sur l’autre secondaire et je mesure 0,32V sur le second bobinage.
J’en déduis que les deux secondaires doivent fournir des tensions différentes, d’autant plus que la mesure à l’Ohmmètre m’indique 78 Ohms pour l’un et seulement 15 Ohms pour l’autre.

Pour aller au fond des choses, n’ayant pas droit à l’erreur, (il s’agit d’un appareil de labo qui coute plusieurs milliers d’€), je décide de faire l’autopsie du transfo, qui est un modèle encartable coulé dans la résine.
Après un bon moment, j’arrive à voir les bobines et je retire les tôles, heureusement, elles ne sont pas soudées.

La carcasse est double avec, d’un côté le bobinage secteur, et de l’autre les deux secondaires, configuration très classique…
En ouvrant une joue de la carcasse côté secondaire, je constate que ce dernoier vu sur la tranche est constitué de deux enroulements avec des diamètres de fil différents, le plus gros en fil de 0,17mm et le plus fin bobiné en dernier (ce qui est surprenant), en fil de 0,06mm.

Le bobinage avec le plus gros fil prend le plus de place, presque les 9/10 de la fenêtre.

Je prends les mesures de la section du bobinage pour les deux parties du secondaire, calcule la surface de la fenêtre et le rapports des deux obinages, et selon l’abaque de l’ouvrage de Marthe Douriau, (qui est ma bible pour les transfos), j’évalue le nombre de spires pour chaque section.

A 20% près je trouve le même nombre de spires, le transfo délivre donc la même tension sur les deux secondaires, ce qui n’était pas évident au départ.
Je dégotte dans mon stock un petit transfo de même taille (1,5VA) avec deux secondaires de 15V, et je l’alimente avec un variac.
Comme le malaxeur peut être commandé par un potentiomètre sur la façade ou une tension de 0 à 10V, j’en déduis qu’on doit trouver 10V aux deux extrémités du potentiomètre.

Je connecte mon transfo et je débute avec le variac à moitié, pas de tension sur le potentiomètre.

Je vais jusqu’à 230V et toujours pas de tension, mais la tension s’effondre sur un des secondaires et pas sur l’autre.

Je prends un autre transfo de 5VA, celui là, et je refais l’opération mais sur un secondaire à la fois en mesurant le courant et la tension de référence aux deux extrémités du potentiomètre.

Sur le premier, il ne se passe rien.
Sur le second, le courant monte à 65mA et la tension de référence de 10V pile poil apparaît brutalement vers les 3/4 du variac, soit environ 13V au secondaire.
Je connecte les deux secondaires sur la carte.
Je mets en route, le moteur tourne, mais par saccades.

Comme le variateur est constitué d’un demi-pont à thyristors, j’en déduis que la référence de déclenchement n’est peut être pas sur la bonne alternance (j’ai l’habitude) et j’inverse les deux fils du primaire.

Banco !! après cela, mon moteur tourne parfaitement et la variation s’effectue progressivement de 0 au max.

En conclusion :
Le transformateur est constitué de deux bobinages secondaires qui délivrent chacun 15V, mais avec des intensités différentes, d’où la différence des sections.
Si je monte un transfo 215V de taille et puissance équivalentes, un des secondaires s’effondre puisqu’un transfo de 1,5VA ne peut délivrer plus de 50mA sous 30V (215) .
Avec un transfo de plus de 3VA, ça marche.
Le constructeur a calculé au plus juste son transformateur, connaissant la durée de vie de ce composant, on n’est pas loin de l’obsolescence programmée…
Mais j’ai passé un bon moment :smiley:
Cdt,
Gérard

Bonjour Ghilhem
Tu est devenu le roi du transfo
Chapeau .
Bon courage
Daniel

Bonsoir Daniel,
Un transfo, c’est petit, on ne voit pas ce qu’il y a à l’intérieur, c’est bourré de mystère, surtout s’il est grillé.
Pourtant on peut arriver à comprendre comment il est fait, la preuve plus haut…
J’ai réussi à cloner le transfo de modulation de mes Martin Logan, le mien est meilleur aux mesures que l’original !!
cdt,
gérard