Marque SERRE

Bonjour

Serre n’est pas un sigle, mais un nom propre. Les Serre étaient nombreux à Pantin, et dans plusieurs activités. Il y avait

  • un boucher 8 rue Magenta de 1911 à 1922
  • un laitier nourrisseur 16 rue du Pré St Gervais de 1901 à 1919
  • un négoce automobile 223 rue de Paris (Jean Lolive) jusque dans les années 90

et le nôtre, TSF, 64 rue de Paris. Je n’ai qu’une date, le Bottin de 1945

Bien sûr, en tant que natif de Pantin (y vivant toujours), j’ai une radio Serre, celle de mes parents. J’étais fasciné par son œil magique, et par les chansons de Brassens qui en sortaient en 1953, notamment quand il chantait de sa voix caverneuse, le fossoyeur (1953) et le testament (1956) chanson que j’adorais car il y était question de chats. (S’il fouette mes chats, y’a un fantôme… )

J’étais donc fasciné par l’œil magique, et par autre chose, oublié complètement pendant des décennies. C’est seulement il y a quelques années que ce souvenir m’est revenu, en me faisant une base de données des commerces de Pantin. En saisissant 52.000 lignes de Bottin des commerces de Pantin depuis 1842, un jour, arrivé à l’année 1945, j’ai tapé le mot « Serre, TSF ». Et un déclic s’est produit, je me suis souvenu que ce mot était écrit sur la radio.

Je monte au grenier chercher la radio, je la retourne dans tous les sens, plus de décalcomanie « Serre », dissous par le temps. Et soudain :

c’était un émail en plein devant mon nez d’enfant, entre les boutons.

j’ignore le modèle de la mienne, écrit nulle part. Rien non plus sur le carton arrière.
Concernant l’orthographe. Vous avez un modèle écrit avec des points. j’ai plusieurs hypothèse.

  1. en banlieue, l’industrie était triomphante. Sur les entêtes des factures, la mode était de montrer une usine immense, plus que réellement, avec des cheminées en nombre plus que réellement aussi, très hautes, et crachant très noir. Peut-être donc pour faire un sigle style industriel qui impressionne les client.
  2. autre hypothèse, il était courant que plusieurs membres d’une famille aient leur propre commerce. Pour éviter des confusions d’adresse, il était courant de changer une lettre de nom. Peut-être les points, donc, pour se distinguer du commerce des autres Serre.

je n’ai pas pu trouver plus de renseignements sur Serre, ni même Blanchy, car ils ne vivaient pas sur place de leur commerce. Et ils sont une dizaine au cimetière de Pantin.

Petite anecdote, il y avait un Serre (Edouard) à Paris, qui après la guerre de 14, était polytechnicien, spécialisé dans la radiotélégraphie des avions. Fausse joie, je n’ai pas trouvé de liens familiaux.

http://www.naucelles.fr/E_Serre_le_cantalien_de_laeropostale-350-349-742.html

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Bonjour !

Merci pour ce partage.
C’est le genre de témoignages qu’on adore.
Détaillé, illustré, et accompagné d’une bonne dose de passion.

La radio présentée, avec ses oreilles, est typique de la période 1947-1951, avec un pic vers 1951.
On aime ou on n’aime pas, moi OUI !!!

Ce serait intéressant de l’ajouter à la base de données.
Voulez-vous le faire, ou souhaitez-vous que je m’en charge ?

Cdlt
JM

PS :
Les publicités d’époque étaient souvent assez souples : il n’est pas rare que l’orthographe soit erronée. Ici, l’utilisation des points comme s’il s’agissait d’un acronyme…
Je vais modifier la fiche de la marque Serre. Un grand merci pour l’info.

merci, vous pouvez le faire,car je ne sais pas
j’ai aussi la photo de l’intérieur

vous pouvez aussi mettre à jour votre émail Serre, très usé, avec le mien

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Bonjour,
Il y a plusieurs Serre c est pour cela que mtn c est au pluriel je m appelle Serres :roll_eyes:
Sérieux si vous avez un poste Serre j achète ce radio “oreilles” par ex…

cette radio est un montage amateur par une radioelectricien du coin qui a sans doute acheté les pieces au pigeon voyageur ou autre vendeur de kits
cela se reconnait au fait que tout est visse ( sorties arrieres et supports de tubes) et non serti dans le montage denotant ainsi un montage en petite serie.
la couleur bleu metallique du chassis en est aussi la signature

bonsoir

J’ ai redressé la photo et donné un peu de contraste :wink:

Bonsoir.
J’en ai un et chez moi il ne serre à rien…

Bonjour : à la poursuite de Serre, fabricant de radios en 1945. Des petites nouvelles

Il n’y a plus de personnes au nom de Serre dans l’annuaire à Pantin. J’élargi la recherche au département : il y en a 120 :face_with_head_bandage:

Prenant mon courage à deux main, j’appelle le premier de la liste, absent.
J’appelle le deuxième, je tombe sur la femme du négociant en camion ! (première photo). Quelle chance. Mais elle m’apprend qu’il est décédé il y a 2 ans. Elle, elle n’est arrivée à Pantin qu’en 1960 pour son mariage. Elle n’a pas entendu parler de famille fabricant de radio.

Petite anecdote. Sur la photo du grand hangar, invisible, il y a un gros palan à chaîne d’époque, haut perché, à pas loin de 10 m. Sachant que ça va être rasé, j’aurais aimé le piquer. Mais rien pour grimper là haut. Une fois les démolisseurs venus, je demande aux ouvriers s’ils ont mis le palan dans un coin. Non, tout envoyé à la décharge.

Quelques temps après, à un vieil ami qui s’intéresse aussi à l’histoire de la ville, je lui parle du palan que j’aurai voulu piquer. Lui aussi ! On est bien lotis avec des citoyens pareils. :grinning:

Je rumine donc le fait d’avoir perdu la trace des Serre. Quand une idée me vient : ils ne sont peut-être pas tous dans l’annuaire. Je regarde les listes électorales : il y en a un à Pantin, et qui habite pas loin du secteur, rasé, où était la boutique, et qui est né avant guerre. ça semble bon.

je vais à l’adresse, il y a le nom sur l’interphone. Je sonne. Personne.
Je sonne à un autre nom : on m’apprend qu’il est mort il y a 2 mois. La poisse.

Mais il a une fille

Je pense laisser un courrier pour la fille. J’entre dans le hall, plus de nom sur la boîte. Un habitant me dit : c’est vendu. Les Serre s’échappent encore :neutral_face:

J’ouvre la boîte qui n’est pas fermée, il y a un papier du syndic.
Je vais voir le syndic, pour leur raconter le but de mes recherches, on me propose, aimable, d’appeler la fille.

Hélas absente.

à suivre, donc