Quelques infos sur le Philips 734 A

Bonjour la compagnie

Je mets inlassablement en ligne tous les documents qui m'ont été adressés. Dans ces archives, je tombe sur ce courrier de Guy Küng (peut-être nous lisez-vous ?) au sujet du Philips 734 A. Sa fiche est là : http://www.doctsf.com//grandlivre/fiche.php?ref=27609 Je vous livre ces informations particulièrement intéressantes :

Il s'agit bien d'un appareil de fabrication suisse, datant de 1933 à 1934. Je n'ai trouvé aucune trace dans la littérature technique Philips, sueulement le schéma et la notice d'emploi. Un examen de la réalisation de l'appareil m'a semblé indiquer une construction ne correspondant pas aux normes de Philips de l'époque, et je serais tenté de dire qu'il s'agit d'une sous-traitance de l'époque : ni l'ébénisterie, ni le châssis, ni les boutons ou le cadran ne sont Philips. Le schéma est pourtant une copie conforme du 634 A, sauf les gammes d'ondes, et le haut-parleur est à excitation, alos que Philips a toujours utilisé des aimants permanents.

Curieusement, ce fabricant a commencé la production de composants pour radio en 1933 à la Chaux-de-fonds (Jura suisse, Neuchâtel) et plus contrètement, on y fabriquait des haut-parleurs à excitation qui ont surtout été utilisés par d'autres marqeeus appartenant à Philips (Jura, puis Médiator).

Mon opinion personnelle, mais qu'on me corrige si je me trompe, c'est que le 734 A est vraisemblablement une production "Telefunken-Zürich" dans le cadre des échanges de licences concernant les "Superinductances" à cette époque. Les indications en décalcomanies figurant sur les panneaux arrière mentionnent tous "Philips - Telefunken - licence pour la Suisse- Ph", ou encore "Philips - Standard -Tetlefunken - Licence seulement pour la Suisse". On croyait alors que le superinductance était meilleur que le naissant super-hétérodyne (que Philips appelait Super-Inductance" pour camoufler son intérêt, on ne sait jamais) lequel superhétérodyne en termina avec le petit jeu des licences et chacun fit la guerre pour son compte, avec avantage pour Philips car Téléfunken connut certaines difficultés dès 1938, mais ceci est une autre histoire...

La discussion est ouverte. Le mets en ligne dans la fiche du modèle le schéma, le mode d'emploi, et un lien vers cette discussion, car c'est maintenant possible. Copie du courrier avait été faite à Rétro-Phonia en son temps, je crois dans le cadre de la rubrique questions-réponses des lecteurs.

Merci encore une fois à Guy, et bon week-end à tous !

1 J'aime

Bonjour

Le 734A a été construit en Suisse, mais là il faut connaître une particularité de l'histoire de la construction radio en Suisse.

Au debut des années 30, il n'y avait aucune construction radio industrielle en Suisse, la crise et le chômage régnait et le gouvernement décréta un embago sur les postes de radio importés.

Les constructeurs d'appareils et de centraux téléphoniques, d'appareils élecro-mécaniques et de phonos, se lancèrent dans la radio grâce à la conclusions d'accords de licences pour la construction en Suisse des postes de marques étrangères, principalement allemandes :

- Deso avec Saba

- Gfeller avec Ingelen

- Thorens avec Imperial.

- Albis avec Telefunken

- Autophon avec Lorenz 

- Paillard tenta d'obtemir des licences avec Philips, mais Philips temporisa en essayant de gagner du temps pour finalement ouvrir sa propre usine de fabrication à la Chaux-de-Fonds en 1933, un seul Paillard sorti avec des lampes européennes, le P5, puis Paillard produit sa propre ligne avec des tubes américains.

Pour en revenir au 734A, il a le même jeu de lampes que le 634A  mais ne conporte que trois circuits accordés au lieu de quatre, les composants n'ont aucune apparence commune avec des composants Philips, on peut donc penser que ce modèle a été sorti et produit à la hâte en Suisse avec des composants trouvés et achetés à des constructeurs Suisses, avant que les chaînes de fabrication Philips standard ne soient oppérationelles dans la nouvelle usine.

Mais ce n'est qu'une supposition de ma part, les témoins de cette époque sont hélas disparus aujourd'hui

Quand à la décalcomanie grise "Nur für die die Schweiz - Philips - Standard - Telefunken Lizenz" apposé sur l'ensemble des postes de radio construits en Suisse dans les années 30 équipés de lampes européenes, elle attestait que les licences liées à l'utilisation des lampes et des brevets pour la construction du poste avaint été payées, c'est l'équivalent en Suisse de l'étiquette "Consortium des Brevets Francais Radio" utilisée à la même époque en France  

J'ai une photocopie d'un courrier d'un rapport d'un bureau d'avocats de Berne, représantant les fabricants Suisses , au préposé féderal à la surveillance des prixde la fin des années 30. Ce courrier dressait un récapitulatif de la situation de divers procès dans le domnaine de la radio entre le bureau d'avocat Zurichois défendant le consortium des brevets Philips et Telefunken et l'ensemble des divers constructeurs et importateurs de radio, il y a des dizaines de procès.

 

 

Bonjour 

Philips a eu   le même refus de s'implanter  en France à la même époque   mais  ils ce sont fait la main sur la RADIOTECHNIQUE.(Radiola)...Fleurs

Cordialement

RM

Hola à tous:

L'explication de Henri-Louis est beaucoup plus que suffisant. Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Pouce OK

Mais j'ai certains questions:

1º - Lampes Philips sont utilisées et non ses homologues Telefunken RENS.

2º - Aucun châssis Telefunken de l'époque ressemble à de 734 A.

Alors si Philips monte son châssis, avec ses lampes et le circuit + ou - equivalent au modèle 634.

Pourquoi licence Telefunken? (Bien que + ou - Henri-Louis l'explique dans sa réponse)

Ou était un sujet juridique d'entreprises et de législation Suisse?

Merci d'avance et bon week-end.

Juan Antonio.

Bonsoir

Je ne sais pas si c'etait un embargo ou un contingentement des imporations, mais les droits de douane ont étés fortement augmentés pour les postes importés afin de favoriser la construction des postes radio dans le pays avec de la main d'oeuvre indigène pour luter contre le chômage.

L'utilisation des lampes et leurs schémas d'application étaient couvertes par des brevets, chaque fabricant devait payer des licences, (comme de nos jours les fabricants  d'ordinateurs pour les systèmes d'exploitation), avec l'achat des licences il recevaient un certain nombre de décalcomanies numérotes à apposer sur les postes.  

Cela a duré semble-il durant toutes les années 30, après la guerre je n'en ai plus vues sur les postes.

OK. Merci.