Souvenirs de FFA


#1

[ADMIN : ceci est la suite de cette discussion, qui a dérivé :
Diplôme radio]

Je m’en souviens fort bien. C’était 5 francs + 5 marks. Du moins en 1968/69.
Avec ça on n’allait pas bien loin.:neutral_face:

Comme ça vous serez peut-être noté avec bienveillance. :drooling_face:


Diplôme radio
Diplôme radio
#2

@dakota_du_sud
Je fus en Allemagne, en 68/69, j’étais de la 68 1A, à Villingen, au 19 GCM puis GCP.Est-ce que Muncingen et ses -30 en Avril vous dit qque chose???


#3

Punaise ! Muntsingen, si ça me dit quelque-chose ? Et comment ! :blush:

J’étais aussi de la 68 - 1 - A, basé à Reutlingen, à 10 km de Tübingen, à 50 km de Stuttgart, et 150 kilomètres de la frontière française.

Muntsingen, j’y ai passé 4 ou 5 jours de rêve. Ca m’a changé de la routine du quartier où il ne se passait jamais rien.

Et ça m’a donné l’occasion de piloter mon char AMX 13 sanitaire (Véhicule transport de troupe chenillé, sans canon, comme un break sur un chassis d’AMX 13). Ca a été la seule fois où j’ai eu le plaisir de le piloter.

Certes il faisait froid. Mais un temps superbe. La première nuit s’est passée dans un grand dortoir chauffé par un poêle à charbon. On y était au chaud, mais tous ces ronflements…

Aussi la seconde nuit, m’est venu l’idée géniale de dormir dans mon char qui était équipé de brancards. J’avais réussi à convaincre deux autres camarades de me suivre.

Très mauvaise idée !

Le char ne comportant aucune isolation, il devait faire aussi froid dedans que dehors. On s’est pelé toute la nuit.

Heureusement les nuits suivantes, on a attribué à mon peloton une chambre sous les verrières du toit d’un bâtiment, et là, ça a été le pied.

Sinon j’y ai passé mes journées à promener des aspirants, des élèves des écoles d’officiers, pour leur faire découvrir les possibilités du char sanitaire AMX13. C’était assez plaisant.

Ca a été la seule fois où j’ai eu à piloter mon char pendant toute la durée de mon service.

Cordialement


#4

le service militaire vous croyez que les jeunes de 16 vont etre motivés


#5

Ce n’ est pas gagné !
Jacques CHIRAC a fait la connerie de sa vie en supprimant le Service National, tout ça pour faire des économies (et oui, déjà à l’ époque).
Au moins, on nous apprenait le respect et surtout l’ ordre, ce que beaucoup de jeunes de maintenant se contrefoutent.
Même à l’ époque, j’ ai vu des mecs venant de cités dire: " Je vais tous les n…er" mais quand on tombe devant des militaires de carrière hyper entraînés au combat, ceux-ci ont été vite calmés et devenaient soit taulard soit doux comme des agneaux.
Cela manque cruellement même si 1 an c’ est trop long.

A +.


#6

Bon si j’ai bien compris on était voisin, et on a peut-être pris le même train, un vendredi soir, pour arriver, à Nantes le samedi vers les midi.
Munsingenr, j’en ai deux souvenirs : le premier, c’est lors des premiers jours de notre arrivée en janvier. Les anciens, venaient de terminer quinze jours de manoeuvre à Munsinger, et certains avaient les oreilles gelées, comme s’ils avaient fait l’Annapurna.
Le second c’est quelque temps avant la quille. En mars 1969 : couchage dans des préfabriqués, où l’on se pelait la nuit, malgré nos relais-poële. Je me souviens qu’on était aller porter dans des norvégiennes de la nourriture chaude. En quelques minutes seulement, la graisse était figée.
Et pour ce qui est des chars : nous avions des AMX13 et des VTT, et c’est sur l’un de ces derniers que mon plus long voyage a eu lieu, comme chef de char et radio!!!
C’était du temps de notre belle jeunesse ???


#7

Bonjour,

bâ, moi, j’ai fais mon service au 5 eme R.D. et j’étais dans un AMX30 , j’avais bricolé a cette époque une espèce de mini sono , permettant d’écouter des cassettes (Et seulement des cassettes … il n’y avais pas de MP3 , et le CD , encore trop récent a cette époque , c’étais un luxe inacessible pour un “bidasse” ! ) fonctionnant sous 24 à 28V (tension de bord d’un AMX30) et se branchant sur la connectique d’alim et d’équipement radio du char ( ça ne tombais pas en panne de piles ) …Associé a un haut parleur séparé , au bout d’un long fil , pour le fixer sur le canon et l’orienter vers l’endroit a sonoriser en tournant la tourelle (c’étais pratique et assez apprécié en bivouac)

…Mais une fois, et suite a je ne sais quelle bricolage, la musique des cassettes écoutées a bord du char sur lequel j’avais branché ça se superposais aux transmissions d’ordre de l’emmetteur de la radio de bord …Et se retrouvai ré-émise sur les fréquences militaires utilisées (ce qui n’étais pas du gout de nos supérieurs ! )

cette bidouille a par ailleurs nécessité divers “dépannages sur site” parce les soudures ne résistaient pas toujours aux chocs et vibrations du char …(d’ou , une fois, une réfection de soudures, à l’arrache, avec un morceau de cuivre récupéré sur un chantier voisin, emmanché dans un manche taillé dans une branche de sureau, et chauffé au feu de bois …parce évidemment je n’avais pas de fer à souder en bivouac)

… J’ai ensuite démoli cet appareil, à la fin du service militaire, car devenu inutile (et conçu spécialement pour fonctionner sur un char uniquement …Donc sans application possible dans le civil ! )

sloup


#8

Je ne crois pas. Moi je prenais un petit combi Wolkswagen (devenu vintage et très recherché par les collectionneurs aujourd’hui) dans lequel il y avait 10 places, le chauffeur allemand, qui par ailleurs avait un job au quartier, et donc que nous connaissions bien, nous emmenait le vendredi soir directement à Strasbourg, et venait nous rechercher le lundi matin à 6 heures. Et ensuite je prenais le train. Toute une nuit de train pour arriver au petit matin à Marseille.

Long trajet, et beaucoup de temps passé en transport pour quelques heures passées à la maison ou avec ma copine.

Pour Müntsingen, tu as dû tomber sur une période froide. C’est vrai que c’était pas pour rien qu’on l’appelait “la petite Sibérie”.
Moi quand je suis arrivé début janvier à Reutlingen, tout de suite, les classes au peloton FETA (Formation Elémentaire Toutes Armes), dur dur ! Le premier matin, à 5 heures, footing dans la neige et encore en pleine nuit… Brrr ! J’avais pas l’habitude. Mais ensuite en mars / avril, j’ai été envoyé en formation près de chez moi, au CIABC (Centre d’Instruction de l’Arme Blindée et Cavalerie) de Carpiagne, entre Cassis et Marseille, où j’ai passé deux mois cool à apprendre à piloter un AMX 13, et passer les permis VL et PL. Je passais tous les WE à la maison.

Ensuite, au retour au corps, en avril 68, on m’a affecté à l’infirmerie où mon ordinaire était d’être secrétaire, de gérer les dossiers médicaux, de taper les courriers à la machine, et le cas échéant, de piloter la Peugeot 404 ambulance. J’avais aussi donc un VTT AMX quelque part dans un garage, que d’autres entretenaient, et que j’ai pu enfin piloter ces quelques jours que j’ai passé à Müntsingen. Je ne me souviens plus la période mais je pense que ce devait être fin 68, à moins que ce fut début 69, en tout cas c’était l’hiver.

Pour se situer, voici une carte de la région.
Reutlingen n’était pas très loin de Münsingen, mais le climat y était plus doux. Il était rare qu’il y neigeât

Notre ami Claude Denis a fait aussi un passage à Reutlingen, à peu près à cette même période.

Munsingen

C’est sûr que quand on sortait du service, on avait tourné la page de notre adolescence et on était devenus adultes. Avec l’apprentissage de la discipline, du devoir, de l’ordre et du respect, comme tu le dis.
C’est vrai qu’en 1997, le mur de Berlin s’était effondré, la guerre froide avait pris fin. Les FFA (Forces Françaises en Allemagne), n’avaient plus la même utilité stratégique et mon régiment, comme beaucoup d’autres avait été dissous. Peut-être n’était-il plus nécessaire d’entretenir une si importante armée d’appelés. Mais pour les raisons évoquées ci-dessus, la conscription obligatoire avait son utilité.

A l’époque, la France avait le moyens de le faire, aujourd’hui, La France n’a plus les moyens de rien, malgré qu’on nous taxe et nous ponctionne de tous les côtés.

Je vois que notre ami Patrick faisait déjà des bidouilles sur son AMX 30. Magnifique char !

Cordialement


#9

Chirac a bien fait de supprimer le Service National qui était depuis longtemps devenu obsolète; il n’ y d’ailleurs plus beaucoup de pays qui ont conservé la conscription obligatoire.Maintenant si l’on veut aménager un nouveau système de formation plus ou moins militaire et civique ,je n’ai plus envie à mon âge de donner un avis qu’il est plus naturel à demander aux générations plus jeunes…


#10

Bonjour,
J’ai eu aussi l’occasion de goûter à la “petite Sibérie” au cours d’une manœuvre en 1970
j’avais été incorporé en octobre au 1er Rgt de Spahis, stationné à Speyer.
Après les classes qui avaient duré 3 mois, j’étais mécano à l’entretien et je réparais les EBR, véhicule à 8 roues tout terrains muni d’un canon de 75, que je pilotais de temps en temps, en campagne et en essais.
C’est un EBR sans tourelle qui a porté le cercueil du Général de Gaulle sur les Champs Elysées.

L’EBR avait pilote à l’avant et un “inverseur” à l’arriere dans deux postes de conduite identiques.
Quand le chef de voiture donnait l’ordre “stop inverseur”, l’inverseur prenait le volant, déverrouillait la direction tandis que le pilote verrouillait la sienne, et l’engin repartait en marche arrière avec les mêmes performances qu’en avant.
La vitesse pouvait atteindre 130 km/h si on débranchait les biellettes des régulateurs.
Il y avait un levier de vitesses de chaque côté avec chacun 4 vitesses à passer, parfois il fallait lâcher le volant…
La séquence “normale” sur route était 21, 31, 41, 43, 44, mais en tout terrains elle pouvait être différente.
Le pilote et l’inverseur devaient enlever le volant pour s’installer à leur poste, très étroit avec une mitrailleuse Rebel entre les genoux, 5 obus de 75 de chaque côté près des leviers de vitesses, la conduite blindages fermés avec les 3 épiscopes était plutôt difficile.
L’engin circulait sur 4 roues, mais en tout terrains, on pouvair faire descendre hydrauliquement les 4 roues intermédiaires “agricoles” en métal.
L’EBR radio que je pilotais de temps en temps était équipé d’une tourelle d’AMX 13 avec un faux canon en tôle, l’arrière de la tourelle permettait de loger le matériel radio.

Souvenirs…
Cdt,
gerard


#11

Bonjour Yves et Tous

Oui , le " Strasbourg - Vintimille " ! que je récupérais en gare St Charles quand , le lundi matin de retour de perm , sautant du Paris - Marseille qui venait d’ arriver tôt le matin , je récupérais pour arriver à l’ heure à Toulon !
Il était stationné sur le quai d’ à côté en gare de St Charles , et partait, lui ,même pas 10 minutes après notre arrivée de Paris ! Fallait pas arriver en retard ! C’ était du temps où les trains arrivaient encore à l’ heure ! :wink:
Nous avions juste à changer de quai !
Nous ne changions d’ ailleurs pas généralement de quai ; comme ils étaient stationnés côte à côte , quand deux portes étaient en vis à vis , à contre quai , on passait d’ un train à l’ autre sans même descendre sur la voie ! Juste le temps de trouver une place dans un compartiment , parfois en réveillant les occupants affalés sur la banquette !!! et hop le Paris Vintimille repartait dans l’ autre sens ( St Charles est ( était ! ) un " point de rebroussement " ! ):slightly_smiling_face:

Ça nous* faisait gagner la 1/2 h suffisante pour arriver à l’ heure à Toulon pour monter dans le car " marine " pour la " tour fondue " à Giens , via " La Valette ", Carqueiranne " et " Giens " puis dans la barcasse ou l’ épervier pour Porquerolles et prendre notre service à 9 heures pile après 1100 km de trajet depuis le 62 ! !! :wink:

  • J’ ai écrit nous car d’ autres copains arrivaient également de leur domicile respectif du Nord ou d’ ailleurs via Paris et faisant ce même trajet !

L’astuce du " Paris - Vintimille " passait de bouche à oreilles au fil des contingents …


#12

Bonjour à tous

De ce fameux service militaire chacun y décrit son séjour et sa version,
Sans être foncièrement anti militariste j’en ai avec qq bons moments un souvenir mitigé des 18 mois passé à Karlsruhe de 1952à 53 inclus encadré par des juteux (maréchaux des logis) avinés et abrutis par leur séjour en Indochine où comme l’a écrit un de nos ami , au rapport “qui a son permis de conduire , corvée de chiotte” .
Pour les transmissions le capitaine de batterie avait envoyé un boucher à Landau pour apprendre les rudiments de la maintenance radio, un copain qui comme moi était dans déjà le bain avait été obligé de donner des cours lors de son affectation à ce centre, …

Un aperçu de cette belle armée de l’époque


#13

<< Mais c’est quoi ce foutoir??? Savez pas lire le titre, nom de dieu!!! allez en rang par quatre, vous allez tous me faire cinquante pompes, ça vous apprendra à respecter les règlements. Et ceux qui gueulent, au trou!
et Mich…d, range moi ce journal de c… >>

oui, ça rappelle de bons souvenirs… :slight_smile: moi j’en ai profité pour monter un allumage électronique sur ma 2CV…


#14

@ Stecha.

Moi aussi 68 1A mais au 1GCM/1GCP à Reims.Je conduisais la jeep du jeune
lieutenant responsable des Trans à la caserne Jeanne d’Arc. Une bonne planque,
que de bons souvenirs, les manœuvres je les regardais de très loin !
Beaucoup de temps disponible et le soir je suivais les cours du CNAM.
Un petit bémol, la période des classes, en janvier/février à Reims, il y a de la neige,
dur dur dur.
Au passage un bonjour à Bernard 39, qui est entré dans cette caserne quand
moi j’en sortais.


#15

Et oui , nos souvenirs d’ " l’ armée " , avec Yves et d’ autres , on en parlait déjà en … 2007 ! sur un autre forum !!! :wink:

https://retro-forum.com/viewtopic.php?f=17&t=15393&sid=5a0583ccfa123701b5333155f917e2e5

11 années ont passé ! jour pour jour !!! :unamused:


#16

Moi les gars en perm,je n’ai pas perdu longtemps mon temps dans les trains car j’ai amené tout de suite à Landau ma 2CV modèle 1961 qui a d’ailleurs passé un contrôle technique pour être immatriculée avec les plaques bleues FFA et j’ai dû acheté au mess un triangle de signalisation…


#17

Il n’aura pas fallu longtemps pour transformer le sujet radio en café du coin pour pépés nostalgiques… :grin:


#18

Pour rentrer en France lors des multiples perms et regrettées par un colonel lors d’une visite de quille, je passais par Offenburg où vécut Johnny.
Mais j’ai l’impression de ne pas avoir retiré des souvenirs aussi positifs que les intervenants.
Etre intégré dans un régiment de chasseurs n’était pas un cadeau, crapahu, crapahu…
L’encadrement, bof ! A part un petit con de sergent engagé, tellement mauvais, avec la troupe, qu’en avril 69, le soir de la quille, des libérables, lui ont piégé sa chambre avec des grenades à plâtre remplies de lames de rasoir et tailladé sa tenue de sortie…
Bcp de beuveries …mais la différence d’âge a sans doute joué : je me rappelle que dès le début su service, mes copains jouaient avec leur fusil à la culasse soudéz “pan, pan, tu es mort…”
Mes meilleurs souvenirs sont ceux où l’on marchait, car personne ne parlait. Et surtout ceux de mes copains de chambrée : un plâtrier que j’ai aidé à trouver du boulot par courrier…


#19

Il est bien certain que le temps enjolive les souvenirs.
Pendant les classes, qui ont duré mois 2 mois, c’est sûr, on en chi…t. Des marches forcées surtout, avec sac à dos et fusil, c’était éreintant. Des combats de nuit dans la neige, avec fusil à balles à blanc, et grenades au plâtre.Bah, malgré le froid, on était bien couverts, et je trouvais ça plutôt amusant.
En revanche, la chambrée enfumée ça c’était moins drôle parce qu’on pouvait pas ouvrir pour aérer à cause du froid.

Pendant les classes, j’avais comme chef de peloton un jeune lieutenant très “vieille France”, imbu du sens de l’honneur. Un chevalier de la Table Ronde des temps modernes. Un type très bien, aux antipodes de ce que certains décrivent ici.

Il était secondé par un MDL Chef, bedonnant, mais grand baroudeur, qui avait fait l’indochine, mais un type formidable d’humanité et de compréhension. Je me rappelle encore ses paroles un jour en manoeuvre, j’avais fait un trou avec la pelle-bêche, mais ben sûr pas assez profond parce que c’était fatiguant. Il passe et me dit “Vous voyez, si on était en guerre, au lieu d’être un rat vivant, vous seriez un rat mort”. J’avais trouvé ça excellent.

Le CIABC c’était l’école. J’ai trouvé ça très cool. On allait en cours avec son porte-document, et les TP c’était des pilotages de chars dans la garrigue provençale, avec le chef de char perché dans sa tourelle, qui communiquait avec nous avec un bâton (H. I. :blush:). Ces jours de pilotage, on déjeunait avec une ration militaire. Sinon, le CIABC était un centre très moderne où les repas étaient pris en buffet. On passait avec son plateau, et des gars vous servaient ce que vous vouliez.

J’ai été de garde une fois durant ce stage. Je gardais le dépôt de munitions. Ca aussi, il faut l’avoir vécu au moins une fois. Je crois si me souviens bien, que c’était deux heures à faire le planton avec son fusil, puis deux heures de repos tout habillés dans la casemate, puis encore une sortie. Etc…

Après cette école, mon certificat de pilote obtenu, une fois rentré au corps, c’était un travail de bureau ordinaire. Comme dans n’importe quelle administration. De 9 heures à 12 h 30, parfois 13 heures. Les heures de consultation. Il fallait préparer les dossiers des consultants qui attendaient dans le couloir, et les donner au “Pitaine” médecin dès qu’il arrivait à 9 heures.
Le médecin-capitaine était un type très bien, très humain. Un médecin avant d’être militaire. Avec lui pas de protocole. D’ailleurs il n’avait pas besoin de faire montre d’autorité, il était respecté. Entre nous, on l’appelait “l’ancien”, et parfois, après les consultations, on prenait un apéritif ensemble, toute l’équipe, le Capitaine, son adjoint aspirant, les infirmiers, les chauffeurs et les secrétaires. C’était d’une haute tenue. Mon capitaine a fini sa carrière avec le grade de médecin-général.

Les après-midi, quartier libre. L’été on pouvait aller à la piscine municipale, ou au mini-golf, mais on était vite limités par l’argent. Après, il y avait aussi le cinéma du corps qui était gratuit.
Le soir, c’était parfois des virées dans des discothèques où on ne buvait que du Coca (parfois avec du Whisky, si on avait un peu de monnaie).

Mais ce qu’il en ressort surtout, c’était l’ennui. On s’ennuyait beaucoup ces longues après-midi sans rien faire, ces longs week-ends quand on ne partait pas en perm. L’ennui ! Pour ne pas s’ennuyer, il aurait fallu de l’argent, mais de l’argent, on n’en avait pas beaucoup. Parfois, avec les collègues, on allait pêcher dans le bois voisin, où il y avait une rivière pleine de truites et d’écrevisses. On pêchait à l’eau de javel. On vidait un peu d’eau de javel en amont. Et il suffisait de se placer 100 mètres en aval pour cueillir les truites à moitié dans les vaps.
Voilà comment on se faisait des soirées “bouffe” le soir. Sinon, on avait accès libre aux cuisines où on pouvait faire notre marché à notre guise.

C’était un des petits privilège de ceux qui travaillaient à l’infirmerie. Un autre privilège, c’est qu’on passait allègrement au poste de police à n’importe quelle heure, à pieds, ou avec la 2 CV du capitaine dont on se servait pour nos besoins personnels, sans qu’il soit nécessaire de se justifier pour quoi que ce soit. On sortait quand on voulait, pas la peine de poser des perms.

Je crois que la seule demande de perm que j’ai faite, en dehors de celles pour aller à la maison, c’était lorsque nous sommes allés avec 4 collègues et une voiture de location, à Munich pour la fête de la bière. Et encore c’est pas sûr.

Parce que nous faisions des virées en voitures de location, dont une qui nous a fait traverser 4 pays, l’Allemagne, le Lichteinstein, l’Autriche, la Suisse, sans permission et même sans contrôle d’identité.

Sinon, plus de garde, plus de corvée, seulement des semaines de permanence pour intervenir face à un accident ou un problème de santé urgent. Mais comme il ne se passait généralement rien pendant ces permanences, cela se traduisait encore par de l’ennui.

Ma copine était venue me rendre visite et a passé plusieurs jours avec moi. L’espace d’un week-end, je l’ai même faite dormir à la caserne, dans mon bâtiment, dans la chambre d’un sous-officier qui me l’avait prêtée le temps du week-end. Personne ne s’en est aperçu.

Bref, des bons souvenirs. A part l’ennui.


#20

A chacun son club : toi c’était le club Med moi le club Merdre.
L’ennui oui; Les marches oui, les stages commandos, oui;
J’étais dans la fanfare, et cette fanfare dirigée par un sergent-chef m’a empêché de terminer mon service peinard, à enseigner au Lycée Ch de Gaulle à Baden où je logeais dans une chambre de pion.
Si certains sous-offs étaient pétris d’humanité, je revois encore, d’autres nous parlant des meilleures façons de tuer. Cela fait froid dans le dos.
Mais il est certain que ceux qui avaient vécu l’Indochine et l’Algérie, connaissaient la vie ( et la mort) et étaient la plupart du temps, sympa et compréhensifs.